La petite salle du Moulin est presque pleine. Le public ? Des adolescents ultra branchés : mèches dans le vent, jeans slim et duvet naissant. Bon. Pourquoi pas. Quand les BB Brunes finissent par apparaître ; c'en est à se demander si on ne les a pas déjà vus dans la salle en train de boire une bière sans alcool tellement ils sont à l'image de leur public. Admettons. Les musiciens commencent à jouer mais, malgré leur bonne volonté, ils peinent à nous arracher quelques battements de pied. A vrai dire, leur musique ressemble à tout et à rien à la fois. C'est un mélange hasardeux des Libertines, White Stripes, Saez et Arctic Monkeys, mais rien de nouveau. Petit à petit on s'éloigne de la scène, pas la peine de perdre une oreille pour ça. Les bras toujours croisés, on se prend à espérer que les paroles relèvent le niveau. Aïe, ça a 17 ans et ça parle de coeur brisé, de finir dans le caniveau et de rébellion. Pas très rock'n'roll tout ça, surtout quand on porte des chaussures qui coûtent un Smic. Maintenant accoudé au bar (vide parce que tous mineurs), on attend que ça se passe en regardant un pogo très mignon se former près du chanteur, dont le jeu de scène est pour le moins... intéressant. Ses hochements de tête et son jeu de jambes rappellent étrangement l'époque des Forbans. Là, on se demande vraiment où on est. C'est lorsqu'il s'empresse de remercier Warner qu'on comprend : on est en train d'assister à la fabrication presque industrielle d'un groupe pré-pubère de rock à l'anglaise. La recette est simple : peu de talent, pas mal d'identification et beaucoup d'argent.